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Acceptée Vaud Société, famille et égalité 01 décembre 1996

Änderung des Schulgesetzes (Waadtländer Schule im Wandel, EVM)

Au milieu des années 1990, l'école vaudoise débat de son avenir. Le Département de la formation et de la jeunesse (DFJ), dirigé par le socialiste Jean-Jacques Schwab, propose une refonte d'ampleur baptisée « École vaudoise en mutation » (EVM).La réforme réorganise la…

Oui — 60.5% Non — 39.5%
· Conseil d'État vaudois (DFJ)
L'enjeu de l'époque

Au milieu des années 1990, l'école vaudoise débat de son avenir. Le Département de la formation et de la jeunesse (DFJ), dirigé par le socialiste Jean-Jacques Schwab, propose une refonte d'ampleur baptisée « École vaudoise en mutation » (EVM).

La réforme réorganise la scolarité en cycles d'apprentissage (cycle initial, cycles primaires CYP1 et CYP2, cycle de transition), atténue le poids des notes au profit d'une évaluation dite formative et veut une pédagogie plus différenciée, censée réduire la sélection précoce et « donner sa chance » à chaque élève.

Combattue par référendum, la modification de la loi scolaire est soumise au peuple le 1er décembre 1996. Les Vaudois l'acceptent par 60,5 % des voix. EVM entre en vigueur dès la rentrée 1997 — mais l'évaluation sans notes empoisonnera l'école vaudoise pendant quinze ans.

Note méthodologique. Cette fiche ne juge pas l'opportunité du vote : elle confronte uniquement les arguments vérifiables de la campagne aux faits observés depuis. Les promesses du camp vainqueur comme les craintes du camp perdant sont passées au crible des données et des décisions postérieures au scrutin.
▲ Accepté le 1er décembre 1996
Le peuple vaudois approuve la modification de la loi scolaire par 60,5 % de Oui. EVM entre en vigueur à la rentrée 1997.
▼ L'opposition (39,5 %)
Près de quatre Vaudois sur dix refusent la réforme, inquiets de la disparition des notes et du virage pédagogique. Le clivage gauche-droite structure le scrutin.

Les acteurs en présence

▲ Camp du Oui
Jean-Jacques Schwab (conseiller d'État PS, chef du DFJ), maître d'œuvre de la réforme
Le Parti socialiste et la majorité du Grand Conseil
La Société pédagogique vaudoise (SPV) et des associations de parents (APE)
▼ Camp du Non
Le comité référendaire, réunissant des enseignants sceptiques
Les milieux attachés à l'école traditionnelle (notes, sélection, filières)
• Une partie des parents et de la droite, inquiets d'un nivellement

Arguments et verdicts

▲ Arguments POUR (camp du Oui)
Une école plus ouverte, centrée sur l'élève
« donner sa chance à chaque enfant et réduire la sélection précoce »
Verdict : ✓~ Partiellement tenu.
EVM a instauré les cycles d'apprentissage et assoupli le redoublement en début de scolarité. Mais sur le fond, l'école vaudoise a continué de sélectionner : orientation et filières sont restées vivaces.
Source : Le Temps, « L'école vaudoise résiste à EVM »
Une évaluation plus juste que la note-couperet
« remplacer la course aux notes par une évaluation formative »
Verdict : ✗~ Largement démenti.
L'évaluation sans notes a déçu : un sondage syndical a vu 82 % des enseignants interrogés la juger insatisfaisante, et le retour des notes a fini par être réclamé puis réintroduit.
Source : Le Temps ; enquêtes syndicales
▼ Arguments CONTRE (camp du Non)
La suppression des notes va désorienter familles et élèves
« on nivelle et on prive les parents de repères clairs »
Verdict : ✓~ En grande partie confirmé.
Le flou de l'évaluation formative a nourri quinze ans de mécontentement ; parents et enseignants ont réclamé des repères chiffrés, obtenus en partie par la suite.
Source : Le Temps ; 24 heures
Une réforme idéologique vouée à s'essouffler
« trop ambitieuse, sans les moyens de ses promesses »
Verdict : ✓~ Confirmé.
EVM « a échoué presque silencieusement, faute de soutiens et de moyens » et a été remplacée par la LEO après l'initiative « École 2010 », acceptée en votation en 2011.
Source : Analyses rétrospectives ; RTS

Le bilan, en chiffres

60,5%
de Oui le 1.12.1996
1997
entrée en vigueur d'EVM
~
82%
d'enseignants jugeant l'évaluation insatisfaisante
!
2011
EVM remplacée par la LEO après « École 2010 »
À noter. Quinze ans après son adoption, EVM a été progressivement vidée de sa substance la plus contestée : le retour des notes puis l'adoption de la LEO en 2011 ont tourné la page de l'évaluation purement formative.
Analyse éditoriale
Conclusion

EVM est l'un de ces grands élans réformateurs que la Suisse romande affectionne : une intention généreuse — une école moins couperet, plus attentive à chaque enfant — adoptée largement par un peuple de bonne volonté.

La réalité fut plus rugueuse. Les cycles d'apprentissage ont survécu, mais l'évaluation sans notes a cristallisé l'opposition : trop floue pour les familles, inconfortable pour beaucoup d'enseignants.

Chaque camp avait une part de raison. Les partisans tenaient une idée juste — desserrer l'étau de la sélection précoce — mais l'ont habillée d'un dispositif difficile à tenir. Les opposants avaient tort sur le principe, raison sur la pratique.

Quinze ans plus tard, le retour des notes et la LEO (2011) ont soldé l'expérience. EVM aura moins échoué qu'elle ne se sera dissoute dans un compromis vaudois très caractéristique : on garde l'étiquette, on change le contenu.